Des projets prometteurs pour gérer des zones sensibles grâce à la biomasse

Cette année, ValBiom a mis le « phytomanagement » à l’honneur lors de son Assemblée Générale ; une thématique d’intérêt croissant pour des acteurs variés.

La biomasse et la gestion des zones sensibles

Par « phytomanagement », on entend  la gestion et la valorisation de zones sensibles ou marginales grâce à des cultures végétales. Cela fait plus de deux ans que ValBiom développe des compétences en la matière. Aujourd’hui, au terme de ces deux années, plusieurs questions restent à approfondir.

ValBiom cherche donc à mettre en place un dispositif intégré et concerté qui puisse nous aider à apporter - d’ici quatre à cinq ans - des éléments de réponses à ces questions.

Dans ce cadre-là, deux approches ont été présentées durant l’Assemblée Générale de ValBiom qui a rassemblé, le 18 mai dernier, plus de 80 personnes (agriculteurs, industriels, scientifiques, membres de l’asbl).

Les cultures pérennes, outil de lutte contre les problèmes environnementaux en milieu agricole

Laurent Somer a commencé par rappeler ce que sont les cultures pérennes et les avantages qui justifient que l’on s’y intéresse. Pour la production d’énergie bien sûr, mais aussi pour répondre à certains problèmes environnementaux. Il a démontré par son exposé que la bioénergie peut aussi avoir un ancrage local et des bénéfices sociétaux durables.

Dans ce sens, un projet a été imaginé : ENVIMISC. Ce projet a l’ambition de développer la filière des cultures pérennes à l’échelle d’un bassin versant où l’on retrouve, et où l’on cherchera à solutionner, des problèmes d’écoulements boueux, d’inondations, de lessivage de nitrates dans les nappes phréatiques et de possibles transferts de pesticides vers des cours d’eau ou des populations sensibles.

« L’objectif d’ENVIMISC est de maximiser les impacts des différents dispositifs environnementaux, mais aussi d’assurer une rentabilité économique pour l’agriculteur. Via ENVIMISC, l’agriculteur a deux possibilités pour valoriser sa production de biomasse : soit la vente de matière, soit son utilisation à la ferme. » Laurent Somer

Du miscanthus serait donc planté stratégiquement à l’échelle d’un territoire pour remplir ces nombreux services et serait lui-même valorisé en chaudière et/ou selon ses autres usages (paillage, litière, écoconstruction). L’entreprise BioWanze a déjà montré son intérêt de racheter le miscanthus ainsi produit pour faire fonctionner sa chaudière biomasse, avec un engagement sur le long terme. D’autres cultures pérennes comme du taillis pourraient aussi être envisagées à l’avenir. Un groupe de travail, ouvert à tous, va démarrer ce 22 juin prochain. Il identifiera les activités et zones prioritaires ainsi que le cahier des charges de gestion de ces zones. A terme, un projet Life sera déposé.

Le phytomanagement, outil de gestion des sols marginaux

Aricia Evlard a ensuite abordé la question de l’avenir du phytomanagement en Wallonie. Que manque-t-il pour voir émerger de nouveaux projets ? Trois réponses pour trois constats.

Premier constat : peu de projets existent actuellement. Cela s’explique par le manque d’encadrement et d’accès à l’information pour les porteurs de projets et pour les administrations. Deuxième constat : la Wallonie dispose de nombreux acteurs concernés mais ceux-ci ne se connaissent pas suffisamment. Enfin, troisième constat : on souhaite développer une filière mais on ne sait pas de quelles superficies on dispose réellement.

ValBiom s’attelle à apporter des réponses à ces constats :

  • ValBiom a élaboré (en collaboration avec l'AwAC et la DPS), un outil d’aide à la conception de projets qui synthétise presque toutes les questions à se poser pour penser globalement un projet et augmenter ses chances de succès.

« Pour développer notre outil d’analyse, nous nous sommes notamment inspirés de la France (très avancée dans ce type de projet) et nous collaborons avec des experts à l’étranger. Nous ne sommes donc pas partis de rien. » Aricia Evlard

  • En parallèle, ValBiom a créé un groupe d’action phytomanagement pour regrouper experts, propriétaires et utilisateurs potentiels afin de mettre en contact chaque maillon de la chaîne. Dorénavant, toute personne concernée peut s’adresser à ValBiom pour passer une petite annonce au groupe d’action qui relayera celle-ci dans des « appels à idées » afin d’identifier les partenariats les plus prometteurs.
  • Enfin, troisième action, ValBiom s’implique dans la recherche appliquée via des projets Interreg transfrontaliers. Entre autres, le projet New-C-Land qui vise la création d’un cadastre de sites marginaux (éventuellement des sites pollués) effectivement disponibles pour faire du phytomanagement ainsi que la sensibilisation de leurs propriétaires et des utilisateurs potentiels. Aussi le projet Greengo qui mettra en application le phytomanagement sur les sites marginaux identifiés.

Les présentations ont été ponctuées de témoignages d’agriculteurs et porteurs de projet qui ont déjà fait le choix du miscanthus et du saule pour du phytomanagement. Ceux-ci sont unanimement satisfaits de pouvoir rester maître de leur production et de pouvoir combiner la protection environnementale avec des débouchés économiques.  

Visionnez les témoignages des agriculteurs et porteurs de projets !

Ces projets se veulent inclusifs et collaboratifs. Nous vous invitons donc à rejoindre nos groupes de travail ou groupes d’action et/ou de nous faire part de votre intérêt.

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