Gembloux : un pas de plus vers la 1ère chaufferie miscanthus alimentée en circuit court par des agriculteurs

Début octobre, le home « Le Foyer Bothey » a envoyé sa demande de subside pour la chaufferie biomasse. Elle devrait être installée dans les prochains mois à Bothey, village de la commune de Gembloux.

Une consommation de 60.000 litres de mazout évitée

A terme, cette chaufferie va fournir le chauffage et l’eau chaude sanitaire à la soixantaine de résidents et au personnel de cette institution. Elle va permettre d’éviter la consommation annuelle de 60.000 litres de mazout.

Sur le plan financier, ce projet est favorable aussi bien au home qu’aux agriculteurs. Le miscanthus représente un combustible biomasse compétitif. Les 150 tonnes de miscanthus représentent un budget annuel de chauffage compris entre 18.000 et 20.000 €, contre un budget mazout de 36.000 € actuellement (mazout à 0,60 €/litre en octobre 2017). Le prix du miscanthus, négocié entre le home et les agriculteurs voisins, restera stable alors que le home n’a aucune prise sur le prix des énergies fossiles.

Une réduction de 184 tonnes de CO2/an

Ce projet s’inscrit pleinement dans les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les 150 tonnes de miscanthus, un combustible entièrement renouvelable et neutre sur le plan climatique, vont permettre de réduire les émissions du home de 184 tonnes de CO2 par an.

Figure 1- Feuilles et débris de tiges restaurent l'humus et enrichissent le sol en carbone

Mais les effets positifs du projet ne s’arrêtent pas là. Avec le soutien de la Ville de Gembloux, les agriculteurs ont en effet implanté le miscanthus en bandes antiérosives contre les coulées boueuses, grâce à l'aide du CIPF (Centre indépendant de promotion fourragère), expert miscanthus. Des études ont ainsi déjà mis en lumière l’efficacité du miscanthus contre l’érosion. Complémentaire aux fascines et bandes enherbées, le miscanthus représente une nouvelle méthode de lutte durable (pas d’entretien durant 20 ans) qui maintient la production sur la parcelle problématique, et donc un revenu agricole.

Six sites problématiques du territoire de Gembloux sont déjà équipés de bandes de miscanthus et ce nombre pourrait encore augmenter en 2018. En effet, la Ville de Gembloux lance un nouvel appel à projets dès novembre 2017 pour inviter ses agriculteurs à multiplier les dispositifs antiérosifs miscanthus sur le territoire communal.

Figure 2- Cette bande de miscanthus implantée à Mazy va protéger les habitations en contrebas contre les coulées de boue

Enfin, sur le plan social, cette chaufferie contribue à renforcer les liens entre les agriculteurs, les habitants et les acteurs économiques et sociaux des villages. D’une part, grâce à la création d’une filière économique profitable à tous. D’autre part, grâce à la mise en place de dispositifs environnementaux protégeant des infrastructures et habitations de phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes.

A lire également : Une série de bandes antiérosives miscanthus pour lutter contre les coulées boueuses - ValBioMag, 05/05/2017

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