Le RHIZOtest : outil de mesure de phytodisponibilité des sols contaminés

Pour mesurer les teneurs réellement « accessibles » par la plante (biodisponibilité ou phytodisponibilité), une méthode consensuelle de diagnostic n’était pas encore clairement définie et aucune méthode biologique n’était normalisée. Aujourd’hui, c’est chose faite : le RHIZOtest, un outil normalisé, permet de mesurer le transfert à la plante des contaminants présents dans le sol.

Contexte

Les débats sur les techniques de mesure de polluants dans le sol ne datent pas d’hier. Lors du dernier Midi de la biomasse avec le groupe d’action pour le phytomanagement en Wallonie, ce point a d’ailleurs fait l’objet de longues discussions.

En 2011, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) indiquait que « si les méthodes chimiques sont à l’heure actuelle les méthodes les plus éprouvées pour estimer la phytodisponibilité des éléments traces, leur validation par corrélation avec des mesures biologiques reste toutefois partielle. Par ailleurs, ces méthodes chimiques ne peuvent, par définition, pas tenir compte de la diversité biologique des réponses observées chez les végétaux supérieurs. »

Quant aux méthodes biologiques, il n’existait aucune méthode biologique normalisée permettant d’évaluer la phytodisponibilité des éléments traces présents dans les sols contaminés. Or pour pouvoir comparer des bulletins d’analyses chimiques, il est nécessaire de travailler sur des procédés communs et normés.

La mesure du transfert sol-plante

Aujourd’hui, le RHIZOtest constitue le premier outil normalisé à offrir une méthode biologique qui se base sur le principe de phytodisponibilité. À partir d’un échantillon de sol, l’outil mesure le transfert des contaminants de ce sol à la plante : la phytodisponibilité, ainsi que leur accumulation. Il tient également compte des interactions entre contaminants pour restituer l’effet cocktail[1].

Concrètement, il s’agit de :

  1. Restituer les processus naturels en reproduisant les interactions sol-plante, propres à chaque type de sol et chaque espèce végétale.
  2. Prédire l’effet d’un amendement ou du comportement d’une espèce sur la phytodisponibilité d’un ou plusieurs contaminants. 

L’outil est utilisé dans différents cas :

  • Il peut être utilisé dans le cadre de diagnostic et de surveillance.
  • Il peut être utilisé après assainissement.
  • Il peut aider quant au choix d’espèces végétales et des amendements à utiliser pour la mise en place des phytotechnologies, etc.

Plus d’infos ?

  • www.metrhizlab.com 
  • Cette méthode normalisée (ISO 16198) est le fruit de 25 ans de recherche de l’INRA et du CIRAD.

Les innovations présentées dans le ValBioMag sont sélectionnées par les ingénieurs ValBiom pour leurs caractéristiques novatrices et pour les solutions qu’elles apportent à des problèmes ne pouvant être résolus auparavant. Cette description de nouveaux produits ou concepts novateurs fait partie de la mission de veille technologique de ValBiom.


[1] Synonyme d'une « pollution mixte ». Généralement, on parle d’effet cocktail quand un sol contient plusieurs polluants de nature différente. Notons que l'absorption des métaux par la plante ne se fera pas de la même manière si elle est en contact d’un seul métal dans le sol ou de plusieurs.

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