PAC : Vers une meilleure reconnaissance des atouts environnementaux des cultures pérennes ?

Fin novembre, un règlement appelé Omnibus – une mini-réforme de la PAC – a été approuvé au sein du comité Agriculture du Parlement européen par 44 voix pour et 5 voix contre. Ce règlement doit encore être approuvé en séance plénière au cours du mois de décembre.

Du neuf pour les cultures pérennes ?

Le règlement Omnibus contient deux mesures importantes pour les cultures pérennes :

  • D’une part, il introduit le miscanthus dans la liste des espèces éligibles en tant que Surface d’Intérêt Ecologique (SIE)* avec un facteur de 0,7.
  • D’autre part, elle augmente le facteur du taillis à courte rotation (TCR) de 0,3 à 0,5.

Ces évolutions sont le résultat d’un important travail de sensibilisation auquel ValBiom a participé au niveau européen.

Des voix se font entendre contre l’intégration des cultures pérennes en général, et du miscanthus en particulier, dans la liste des espèces éligibles, utilisant les arguments habituels de la monoculture et de l’espèce non indigène.

Ces arguments ne tiennent pas compte du retour de terrain des agriculteurs et des chasseurs, qui rapportent des effets positifs de ces cultures sur la présence de certaines espèces dans des régions pauvres en biodiversité.

En effet, agissant comme une haie, une bande de miscanthus ou de taillis à courte rotation contribue à fragmenter les monocultures affaiblissant la biodiversité, fournissant un abri permanent à la petite faune.

Les SIE comme instruments de promotion de la biodiversité

Les Surfaces d’Intérêt Ecologique constituent une condition pour de nombreux agriculteurs pour recevoir l’intégralité du paiement unique.

Cultures pérennes exploitées pour une durée d’au moins 20 ans et ne nécessitant plus de pesticides ni fertilisation après la première année de culture, le miscanthus et le TCR peuvent représenter un instrument durable et rentable de morcellement des parcelles agricoles. Mais ces impacts environnementaux positifs ne se limitent pas à cela.

  • Lutte contre les coulées boueuses ;
  • Protection des eaux de surface et souterraines ;
  • Restauration de l’humus et stockage de carbone dans les sols,…

Les cultures pérennes ont donc une place à prendre dans le parcellaire agricole. Limitée, sans aucun doute, mais surtout ciblée aux endroits où ces services sont les plus demandés.

Dès juillet 2016, ValBiom, en collaboration avec l’AEBIOM et des partenaires européens, ont demandé à la Commission européenne d’étudier une révision de la liste des SIE pour y améliorer la place des cultures pérennes (miscanthus, taillis à courte rotation) qui, d’après une abondante littérature scientifique et de nombreux retours de terrain, rendent ces nombreux services écosystémiques.

Le gouvernement wallon et le Service Public de Wallonie ont soutenu la demande de ValBiom au niveau européen, tout comme de nombreux autres Etats Membres.

Plus d’infos ?

Communiqué de presse : Confirmation de l'accord sur les aspects agricoles du règlement Omnibus – Conseil européen, 16/10/2017

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