Woodchem 2017 : Wood conquering chemistry

Début décembre, s’est tenu à Nancy la 4ème édition de Woodchem : une conférence scientifique internationale dédiée à la chimie du bois et à ses applications industrielles. Cette rencontre entre la chimie et la forêt – deux secteurs d’activité généralement très éloignés l’un de l’autre – avait pour principal objectif de faire le point sur les avancées récentes de ces domaines mais aussi d’identifier les attentes/besoins des industriels en la matière, de présenter les potentiels débouchés commerciaux ainsi que les nouveaux produits disponibles.

Les enseignements ValBiom

Par sa participation, ValBiom a pu faire connaître l’intérêt que porte la Wallonie pour la chimie du bois et le bioraffinage forestier. Les nombreux contacts pris lors de l’évènement – notamment avec des partenaires français – permettront de développer de nouveaux projets transfrontaliers ou d’étendre chez nous le savoir-faire de nos voisins.

Ce que l’on retient, c’est que les produits issus de la chimie du bois se déclineront principalement en deux tendances :

  • La première impliquant de grands volumes, à faible valeur ajoutée (chimie dite de « commodité ») ;
  • La seconde se destine plutôt à des marchés de niche, se caractérisant par une production de petits volumes, à haute voire très haute valeur ajoutée (chimie dite de « spécialité »).

Parmi les présentations relevantes, celle de Francis Colin, en charge du projet EXTRA FOR EST, intitulée « Biodiversity of extractible chemicals in forest and industry : quantification of resource and availability. »

Bioraffinage forestier : concurrent aux acteurs traditionnels de la filière bois ?

Le « bioraffinage forestier » était la thématique centrale de Woodchem 2017. Ce concept vise – à travers la chimie du bois – à valoriser de manière optimale tous les constituants du bois. Ceux-ci comprennent la cellulose, les hémicelluloses, les lignines et les métabolites secondaires de l’arbre, regroupés généralement sous les termes « extractibles ».

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le bioraffinage forestier n’est pas nécessairement en concurrence avec les acteurs actuels de l’industrie forestière et du bois. En effet, certains des constituants du bois – comme c’est le cas des extractibles – peuvent se retrouver dans les parties généralement les moins valorisées de l’industrie du bois telles que les nœuds ou les écorces.

Deux tendances au bioraffinage forestier

Woodchem 2017 a rappelé l’intérêt croissant des groupes internationaux tels que les industries pharmaceutiques et les papetiers pour la chimie et le bioraffinage du bois.

Des multinationales papetières, confrontées à une diminution constante de la demande, ont ainsi franchi le pas et converti certaines de leurs installations afin de produire de nouveaux produits au départ du bois, comme de l’acétate de cellulose, de la viscose (fibre textile dérivée de la cellulose) ou de l’éther de cellulose et accéder de la sorte à de nouveaux marchés.

On distingue également deux tendances complémentaires dans le bioraffinage forestier :

  1. La première tendance vise principalement à déconstruire les constituants tels que la cellulose et les hémicelluloses en sucres et à les convertir en produits comme le bioéthanol ou d’autres molécules qui seront la base de produits plus complexes. Cette tendance pourrait se résumer à considérer la matière bois comme une source alternative de matière première déconstructible en sucres simples.
  2. La seconde tendance vise à tirer parti des spécificités des composants du bois. Par exemple : la lignine. Présente en quantités importantes dans le bois, cette matière peut en être extraite et ensuite valorisée dans de multiples applications. L’extraction de molécules – terpènes, polyphénols (dont les tannins) ou huiles essentielles issues de bois, des feuilles, des résines ou des écorces – constitue également une piste disposant d’un haut potentiel pour les secteurs pharmaceutique, nutritionnel ou cosmétique.

Enfin, rappelons que de nombreux procédés de valorisation peuvent / visent à s’intégrer dans l’industrie de la première transformation du bois. Ces procédés constituent des étapes et des modules supplémentaires ; se greffant aux processus existants et n’empêchant pas ces derniers d’aboutir aux produits « classiques » de l’industrie.

  • A suivre : un article ValBiom dans la revue scientifique FORÊT.NATURE (publication prévue : Juin 2018)

Innovation et phytomanagement : un duo gagnant

Le phytomanagement des sites marginaux a fait l’objet d’une présentation de ValBiom à Woodchem cette année. Force est de constater que le sujet a intéressé les participants. ValBiom revient avec un réseau neuf, actif dans la chimie du bois et attentif aux actions menées par l’asbl.

Parmi les rencontres, on retiendra celle du professeur Nicolas Brosse du Laboratoire d'étude et de recherche sur le matériau bois de Lorraine (LERMAB). Il a présenté ses travaux sur la valorisation du saule issu de sites marginaux, destiné à la production de bioéthanol (contact : Zahra Menana, doctorant).

Aussi, la conférence a permis la rencontre de la société PearL qui a développé un procédé de récupération des métaux dissous dans les eaux (Biosorb®) à partir de poudre d’écorces et de sous-produits de la filière de lin. 

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